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Émile Zola : l'engagement d'un intellectuel dans son siècle

Dreyfus à l’Ile au diable
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Au moment où éclate l’affaire Dreyfus, Zola est au sommet de sa carrière littéraire. Ses livres se vendent bien. Mais il ne se sent pas vraiment reconnu par les siens, c’est-à-dire le petit monde des lettres, comme le montrent ses nombreux échecs pour entrer à l’Académie française. Virtuellement républicain, parce que du côté du peuple, du droit et de la liberté, il n’est pas franchement accepté non plus par ses « amis » politiques qui lui reprochent de noircir la réalité sociale. Pourtant, son engagement dans ce qui va devenir l’« affaire » est la suite logique des Rougon-Macquart, vaste fresque dénonçant l’ordre établi du second Empire. À 57 ans, il vient de terminer Les Trois Villes en démontrant les dangers de « ce monde de croyants hallucinés ». Il se trouve donc disponible et prêt à se lancer dans la bataille, pour l’honneur d’un homme, au nom de la vérité et de la justice. C’est ce qu’il pressent dans une lettre à sa femme le 24 novembre 1897 ; il y commente son premier article sur l’affaire Dreyfus, à paraître le lendemain dans Le Figaro : « Tu ne sais pas ce que j’ai fait ? Un article, écrit en coup de foudre, sur Scheurer-Kestner et l’affaire Dreyfus. J’étais hanté, je n’en dormais plus, il a fallu que je me soulage. Je trouvais lâche de me taire. Tant pis pour les conséquences, je suis assez fort, je brave tout ! »

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