De la parodie du roman de chevalerie à la satire sociale

La cour du roi lion
Le Roman de Renart, recueil de textes anonymes des 12e et 13e siècles, revisite l’ancienne tradition des fables animalières antiques et devient la représentation la plus populaire du bestiaire médiéval. Ici, le roi Noble le lion reçoit sa cour pour entendre la plainte d’Ysengrin le loup.
La fantasy animalière constitue aujourd’hui une veine active du genre, en particulier à destination du jeune public, comme dans les séries médiévalisantes Rougemuraille de Brian Jacques (1986), ou Podkin le brave de Kieran Larwood (2016). On y retrouve le principe d’une parodie de l’épique, à hauteur d’une société d’animaux anthropomorphes dont chaque espèce est dotée de caractéristiques spécifiques.
Bibliothèque nationale de France
Le Roman de Renart est formé d’un ensemble de récits disparates appelés « branches », composés en vers entre la fin du 12e et la fin du 13e siècle. Très tôt, ces récits, regroupés en recueils en partie illustrés, connaissent un immense succès.
Le héros en est, parmi tout un peuple d’animaux (Ysengrin le loup, Noble le lion, Tibert le chat, Brun l’ours...), un goupil appelé Renart qui, dans les premiers récits inspirés des fables, se livre à toutes sortes de ruses et de facéties. Mais rapidement ces animaux reconnaissables par une qualité ou un défaut adoptent un comportement anthropomorphique dans une épopée qui parodie de manière de plus en plus caustique la société médiévale – particulièrement chevaleresque – dans ses codes, ses usages, ses mœurs, mais aussi ses travers.
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